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Au 21ème siècle 3000 langues vont disparaître.

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Sur les 6700 langues parlées dans le monde, à peine un millier serait en bonne santé. A plus ou moins long terme si rien est fait toutes les langues indigènes pourraient définitivement disparaître. Certaines sont plus menacées que d'autres: celles qui ont peu de locuteurs (20% des langues d'Amérique et d'Australie sont parlées par moins de 120 personnes), celles qui ne sont pas écrites (c'est le cas de la majorité des langues indigènes), et enfin, celles qui ne sont parlées par aucun enfant, faute d'avoir été transmises par les parents. En se basant sur ces crières, le Living Tongue Institute for Endangered Languages aux Etats-Unis a réalisé une cartes des 4 "points chauds" du globe. Les Andes et l'Amazonie en constituent un. C'est l'endroit du monde où se concentrent le plus de langues indigènes différentes: à 10 kms de distance, elles peuvent être aussi dissemblables au niveau de la grammaire ou du vocabulaire que par exemple, le zoulou et le suédois !! Parlées dans les lieux peu accessibles ou les sommets andins, la plupart n'ont jamais été étudiées.

Mais pourquoi les langues meurent-elles?
Hélas, souvent parce que leurs locuteurs meurent... Quand une langue est parlée par un très petit nombres d'individus il suffit d'une catastrophe naturelle, d'une épidémie pour qu'une communauté soit rayée de la carte, et sa langue avec Neutral ! Les tribus d'Amazonie par exemple sont très exposées. Chassées de leurs territoires par les chercheurs d'or et les trafiquants de bois précieux, les indiens se réfugient dans les zones de forêt dont ils ne connaissent ni les animaux ni les végétaux, et ils meurent de faim. Quand à ceux qui décident de chercher de l'aide auprès des "Blancs", ce sont les maladies qui les achèvent, car ils ne sont pas immunisées contre les microbes étrangers. Ainsi en 1952, le trumai, langue parlée dans un seul village du Brésil, a vu sa population réduite à 18 locuteurs à cause d'une épidémie de grippe.

Cela peut paraître choquant mais il y a bien des personnes que la disparition de langues arrange. Qui? Souvent ceux qui sont à la tête des Etats dans lesquels ont été intégrées des communautés indigènes. Certains gouvernements ont tenté d'empêcher des populations de parler leur langue maternelle. Nottament en faisant tout pour que les enfants assimilent la langue de la population dominante. En réalité ce n'est pas tant la langue, mais la culture qu'elle véhicule que les dirigeants veulent éliminer. Ils espèrent surtout que les individus qui parlent ces langues, une fois détachés de leurs racines, n'éprouveront pas le besoin de réclamer un jour leur autonomie... ni le territoire qui leur revient.

Ainsi la disparition d'une culture constitue une perte inestimable: La foule de connaissances accumulées par ses locuteurs pendant des dizaines de milliers d'années !! Et qui sont souvent uniques. Car les peuples qui vivent en contact très étroit avec la nature connaissent parfaitement la faune, la flore, les climats ou la géographie de leur région. En ces temps de où le réchauffement climatique et la destruction des millieux naturels inquiètent, où la médecine cherche de nouveaux médicaments, le savoir des peuples indigènes pourrait nous être très utile. Les peuples d'Amazonie par exemple, ont une très grande connaissance des plantes. Ils leurs ont donnés des noms, les ont répertoriés en fonction de leur toxicité et leurs vertus curatives. Si leurs langues disparaissent, toutes ces connaissances , qui ne sont pas consignées par écrit (les langues indigènes sont en général de tradition orale) seront donc irrémédiablement perdues. De plus, ces langues contiennent de nombreuses traces du passé de ces peuples, à travers les légendes et les traditions. Elles sont le reflet de leur façon de voir le monde, d'envisager la vie et l'avenir, le reflet d'une forme de pensée souvent très différente de la notre. Quand une langue disparaît, c'est donc aussi une part de l'histoire et de la culture de l'humanité qui s'efface. Voilà pourquoi, le pacte international relatif aux droits civils et politiques adopté par l'ONU en 1966, reconnaît à chaque peuple le droit de parler sa propre langue et de la transmettre à ses enfants.

Heureusement alors il y a de l'espoir. Mais il reste que les seuls à pouvoir véritablement sauver une langue ce sont ses locuteurs. Les Tsachilas d'Equateur l'ont bien compris... Avec une linguiste ils ont appris à utiliser une caméra et des logiciels de traduction. Aujourd'hui ils enregistrent eux-même les membres de leur communauté en train de parler dans différentes situations et collectent leur vocabulaire dans un dictionnaire. Une démarche unique au monde! Avec une langue disparaissent souvent les connaissances, les traditions et l'histoire d'une communauté. Voilà pourquoi les Tsachilas ont décidé d'archiver tous leurs savoirs dans une banque de donnée vidéo et sonore consultable en ligne. Parmi leurs priorités : interroger les chamans, des guérisseurs qui ont un savoir très approfondi des plantes et de leurs propriétés médicales
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Texte tiré du magazine Science et Vie Junior n°221 et remagné par mes soins.


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