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ECD-Journée d'étude

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1 ECD-Journée d'étude le Mer 11 Fév - 18:03

Journée d’études de la Formation
Étude Comparative du Développement
23 juin 2009
« Quellles ressources pour quel développement ? »
105 Bd Raspail, 75006 Paris
Amphithéâtre


La question de la gestion des ressources occupe une place centrale dans les théories et les pratiques du développement. La notion même de ressources a pris dans les réflexions de la seconde moitié du XXe siècle des dimensions nouvelles . Ainsi les ressources dites naturelles longtemps considérées comme inépuisables sont maintenant systématiquement envisagées dans leur finitude, leur caractère renouvelable ou non. La possibilité d’une exploitation durable semble désormais inséparable de l’idée de ressource. La préoccupation de l’environnement global est également devenue un paradigme essentiel et pose le problème d’une gouvernance nouvelle. C’est ce que rappelait en 1987, Gro Harlem Brundtland dans son introduction au Rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, en soulignant qu’il fallait « recommander des méthodes pour faire en sorte que l’intérêt porté à l'environnement se traduise par une coopération plus étroite entre les pays en développement et entre des pays ayant atteint différents niveaux de développement économique et social et débouche sur la réalisation d’objectifs communs s’appuyant mutuellement et tenant compte des relations réciproques entre la population, les ressources, l'environnement et le développement ».
La marchandisation des ressources, leur confiscation par des États ou des intérêts privés entrent en contradiction avec des exigences éthiques qui tendent à définir des droits d’accès aux ressources universels et partagés et la prise en compte des intérêts des générations futures. L’usage des ressources naturelles n’est pas seulement une question « environnementale » et « économique » c’est aussi une question sociale qui renvoie à celle de la démocratie : qui décide et comment des usages alternatifs des ressources existantes ? comment concilier des intérêts « locaux » et ceux de communautés plus vastes ? On voit l’ampleur des problèmes posés et des conflits qu’ils suscitent.
Aujourd’hui les ressources qui sont à l’œuvre dans le développement ne sont pas seulement naturelles : la crise actuelle et la réalité des dernières décennies soulignent le rôle incontournable des ressources financières dans le processus de développement. L’évolution rapide des technologies, l’efficience de techniques coûteuses ont rendu caduque l’idée d’un développement comptant sur ses propres forces pour reproduire les schémas passés de l’accumulation. L’accès aux ressources que constituent les capitaux et le crédit est de plus en plus au cœur des débats entre le Nord et le Sud.
On peut également se poser la question des ressources humaines : une population nombreuse constitue-t-elle toujours un atout ? Le rythme actuel de développement d’un pays comme la Chine n’est-il pas lié à la « prime » dont bénéficie ce pays du fait du ratio entre la population active et des jeunes et des personnes âgées en moindre nombre ? Les êtres humains sont également détenteurs d’une langue, d’une culture, d’un niveau éducatif : peut-on considérer qu’il y a là des ressources mobilisables pour le développement ?
D’une manière générale, on peut se demander quelle peut être la part des ressources humaines et naturelles dans les modes de développement. C’est ainsi que problème de l’accès inégal aux ressources, cause supposée des retards de développement, renvoie à ce que l’on entend par ressources dans des contextes culturels, économiques et politiques différenciés. L’usage même des ressources apparaît lié non seulement au niveau de développement des nations, au degré de pauvreté ou de richesse des populations mais aussi et surtout aux formes prises par les disparités socio-économiques à l’échelle locale et globale. On a l’habitude de dire que la pauvreté réduit la capacité des gens à utiliser les ressources de manière pondérée, ce qui accroît la pression anthropique sur des écosystèmes fragiles, en oubliant qu’à l’échelle de la planète ce sont les populations riches qui épuisent des ressources que l’on est en droit de considérer comme le bien commun de l’humanité.
Pour résumer, pour une grande part la controverse oppose un point de vue qui considère les ressources comme un stock, un capital qui serait donné et qu'il faudrait utiliser avec précaution s'il s'agit de ressources rares ou critiques (amélioration des rendements d'utilisation, changement de technologie, substitution d'une ressource par une autre, etc.). L’autre point de vue envisage les ressources comme le lieu de convergence des interactions au sein d'une société (savoirs, compétences, distribution du travail, etc.) et entre une société et son environnement (les ressources 'naturelles', elles-mêmes soumises à des dynamiques et susceptibles de renouvellements .). Dans le premier cas, le point de référence temporelle est le présent (l'état du capital, du stock), dans le deuxième, c'est le futur tel qu'il est désiré, attendu.
En proposant aux étudiants de la formation de master Étude Comparative du Développement d’organiser une journée d’études sur le thème « Quel usage des ressources pour quel développement ? », nous entendons réfléchir sur ces notions de développement et de ressources pour mieux comprendre la relation qui s’établit entre les deux termes. Il s’agira en particulier de penser la notion de « développements » au pluriel, en fonction des modes d’appropriation et de gestion des ressources naturelles et sociales.
Pour l’organisation de cette journée, nous envisageons la mise en place de plusieurs panels où cette thématique pourra être traitée de différentes manières et avec une grande diversité de points de vue :

1) Ressources naturelles et gouvernance environnementale : face à la réduction réelle ou supposée des ressources, on peut se demander quel est le moyen le plus efficace pour « gérer la nature », par exemple la nationalisation (solution de la Bolivie pour assurer une redistribution théoriquement plus équitable des revenus du gaz naturel), ou la décentralisation (donner aux collectivités locales leur mot à dire sur l’usage à faire de ces ressources). De manière générale comment peut-on gérer des droits collectifs sur des ressources qui peuvent être considérées comme un bien commun,

2) On peut constater que ce ne sont pas toujours les pays en apparence les mieux dotés en ressources naturelles qui ont fait les avancées les plus significatives en termes de développement. Le poids des structures économiques mondiales joue un rôle déterminant dans les disparités du développement, notamment dans le cas des sociétés post-coloniales. Dans certaines circonstances, l’abondance même des ressources peut avoir des effets pervers et constituer un facteur de mal développement.

3) A contrario y a-t-il des cercles vertueux dans la relation entre ressources et développement notamment quand l’amélioration de capacités techniques peut accroître le champ des ressources ? En ce sens, Ban Ki Moon, secrétaire général de l’ONU, s’est récemment prononcé en faveur d’un « New Deal » vert envisagé comme une réponse à la fois à la crise économique et financière et à la crise climatique. C’est un point de vue partagé par de nombreux tenants de l’écologie politique mais aussi par ceux qui y voient le moyen de donner un nouveau souffle à la croissance du capitalisme et du marché en développant de nouvelles formes de consommation plus économes en énergie, en particulier dans les secteurs de l’habitat et des transports.

4) Que penser de la contradiction, présente dans le rapport Brundtland, sur deux concepts inhérents à la notion de développement durable : le concept de "besoin" et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d'accorder la plus grande priorité, et l'idée qu’il y a « des limitations que l'état de nos techniques et de notre organisation sociale imposent par rapport à la capacité de l'environnement à répondre aux besoins actuels et futurs ». Si la première notion renvoie bien à la question de l'équité sociale, la deuxième, reprend là l'idée introduite avec l'Ecodéveloppement que les limites ne sont pas dans la nature et dans les ressources elles-mêmes (contrairement au point de vue du Club de Rome et du rapport Meadow), mais bien du côté des sociétés humaines, de leurs technologies et de leurs formes d'organisation sociales.

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